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Les Raisins de la Colère de John Steinbeck



Les Raisins de la Colère (The Grape of Wrath)
de John Steibeck
Folio (1991)
1ère édition en VO en 1939
632 pages 


John Steinbeck est un écrivain américain du milieu du XXème siècle. Ses personnages sont souvent des gens communs, de la classe ouvrière et il met fréquemment en scène sa Californie natale. Il a reçu en 1940 le prix Pulitzer  pour Les Raisins de la Colère ainsi que le prix Nobel de littérature en 1962 pour l'ensemble de son oeuvre.      
Synopsis

En pleine Grande Dépression, une partie du Middle-West américain subit de plein fouet d'importantes tempêtes de poussière, qui détruisent les récoltes et abiment les terres, privant de ressources des milliers de familles. Affamées et ruinées, la plus part prennent la route de la terre promise, la Californie où, parait-il, on peut encore trouver du travail. Les Joad, dont le fils ainé Tom vient de sortir de prison, se joignent au cortège traversant les Etats Unis. Loin de leurs terres, ils vont faire l'amère expérience des nouvelles règles qui régissent ce monde en bouleversement.


Mon avis


Cela fait longtemps que ce roman traînait dans ma PAL, mais mon petit challenge personnel "un mois, un classique" a été l'occasion de l'en sortir. Il faut un peu de temps pour rentrer dans ce roman, celui de s'habituer aux personnages et à la force un peu brute qui s'en dégage, celui également de s'acclimater à la structure duale du livre, entre récit relatant les aventures de la famille Joad et passages plus descriptifs retranscrivant l'atmosphère générale. Mais si l'on prend la peine de se laisser aller, il est alors très facile d'être entraîné, partagé entre la formidable puissance évocatrice du livre et les réflexions soulevées, moteur d'indignation et d'engagement.

En effet, hormis sa qualité littéraire, ce roman est également une œuvre intemporelle qui frappe par l'actualité des thématiques qu'elle soulève: bouleversements de la société, emballement du système financier, misère, deuil, exil, racisme … mais aussi espoir, courage et surtout solidarité. Celle qui fait que même démuni, on trouve encore le moyen de vivre ensemble, de partager, de soutenir ceux qui sont encore plus dans le besoin. Solidarité présente jusqu'à la toute fin du roman, où elle prend une forme inattendue. En dépit de ce que l'on pourrait attendre, la survie individuelle passe ici par celle du groupe. Très rapidement, de nouvelles formes de communauté, d'autorégulation vont se créer.  Et ce sont elles qui seront garantes de la force du groupe.

Car le "J'ai perdu ma terre" a changé; une cellule s'est partagé en deux et de ce partage naît la chose que vous haïssez : "Nous avons perdu notre terre." C'est là qu'est le danger, car deux hommes ne sont pas si solitaires, si désemparés qu'un seul. Et de ce premier "nous" naît une chose encore plus redoutable : "J'ai encore un peu à manger" plus "Je n'ai rien". Si ce problème se résout par "Nous avons assez à manger" la chose est en route, le mouvement a une direction.

Les personnages sont pour la plupart très attachants, aussi bien par leur simplicité que par les remarques pleines de bon sens qui s'échappent de leurs lèvres et mettent en avant toute l'absurdité des situations qu'ils rencontrent. C'est la famille qui est ici au centre de l'histoire, tout à fait à contrecoup de la conception qu'on a habituellement du héros. Ceux qui dans ce livre réussissent sont solitaires et incarnent l'inhumanité et la perte de valeurs. Les personnages que l'on suit font au contraire face à des situations très dures et sont rapidement rattrapés par le désenchantement. Malgré tout, l'espoir et le courage demeurent, la foi en cette terre promise.

Un vrai coup de cœur aussi bien littéraire que sociologique, et qui montre bien que la littérature peut rejoindre les préoccupations humaines.

Coup de cœur

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8 commentaires

  1. Tu as raison cette oeuvre est vraiment intemporelle ! et suscite beaucoup de reflexion chez le lecteur ! Je suis contente qu'il t'ai plu. C'est un roman assez long à lire quand même, mais suivre le voyage de cette famille est très intéressant et surout émouvant ! Ta chronique est vraiment bien !

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    1. Merci :D Oui c'est vrai que c'est assez long, mais j'ai l'impression qu'avec l'avancée des chapitres il est plus facile de trouver son rythme de lecture. J'ai pas trop abordé cet aspect dans ma chronique mais j'ai également trouvé le voyage très émouvant, il y a des moments qui me restent en travers de la gorge. En plus, je trouve que Steinbeck à une écriture assez poétique en fait.

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  2. Je t'avoue que j'ai beaucoup d'à priori avec Steinbeck, après avoir lu des souris et des hommes au collège... Il faudrait vraiment que je retente, et ta chronique me pousse dans cette direction :)

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    1. J'avais jamais rien lu de lui, donc c'est plus facile je pense quand on part sans a priori. Moi par exemple je fais une fixette anti-Maupassant, juste à cause d'Une Vie que j'ai du lire en 2nde et qui m'a profondément ennuyé.

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  3. C'est rare que je dise ça, mais si tu as aimé le livre, fonce regarder le film. C'est l'une des plus belles adaptations de livre au cinéma pour moi.

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    1. Ah ? C'est bon à savoir ça, merci du conseil !

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  4. Je l'ai lu il y a bien longtemps et j'avais beaucoup aimé ainsi que le film avec Henry Fonda, oeuvre très forte.

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    1. On me dit beaucoup de bien du film, j'ai prévu de le voler à mes parents à Noël.

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