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The Iron Covenant - Tome 1 : Iron and Magic, de Ilona Andrews


The Iron Covenant - Tome 1 : Iron and Magic
de Ilona Andrews
auto-édition (2018)
322 pages

ebook

Ilona Andrews est le pseudonyme d'un couple résidant dans l'Oregon formé par Ilona et Gordon. Ils sont les co-auteurs de trois sagas, Kate Daniels, Hidden Legacy et The Edge, ainsi que de plusieurs one-shot et nouvelles se déroulant dans ces univers.



SPOILERS SECONDAIRES SI VOUS N'ETES PAS A JOUR DANS LA SAGA PRINCIPALE

Synopsis (traduction perso)

Aucune journée ne ressemble à une autre dans un monde ou Technologie et Magie s’affrontent pour la suprématie... Mais, quel que soit le vainqueur, une épée ne vous abandonnera jamais en cas d’apocalypse.

Hugh d’Ambray, Précepteur des Chiens de Fer, Seigneur de Guerre du Bâtisseur de Tours, n’a jamais servi qu’un seul homme. Mais son maître immortel et presque omnipotent l’a rejeté. Hugh est maintenant l’ombre du guerrier qu’il était, mais quand il apprend que ses fidèles Chiens de Fer sont pourchassés et assassinés, il doit choisir : s’effacer ou être le leader qu’il était destiné à devenir. Hugh sait que ses hommes et lui doivent se tailler une nouvelle place dans le monde, mais ils n’ont ni argent, ni refuge, ni nourriture et les nécromanciens collent à leurs basques. 

Elara Harper est une créature qui ne devrait pas exister. Ses ennemis l’ont surnommée l’Abomination ; son peuple la révère sous le nom de Dame Blanche. Chargée de la protection des siens, elle est piégée entre des forces magiques qui s’apprêtent à entrer en collision et plonger le Kentucky dans une guerre que les humains ne pourront stopper. Désespérée, elle est prête à tout pour défendre son peuple et leur mode de vie, quitte à accepter l’aide du diable lui-même — et Hugh d’Ambray pourrait bien répondre à ce nom.

Hugh cherche une base arrière, Elara a besoin de soldats. Les deux sont connus pour avoir trahi leurs alliés, comment pourraient-ils donc faire croire à leurs ennemis qu’ils ont noué une alliance solide ? 

Comme le prophète le dit : « Il vaut mieux se marier que de brûler ». Hugh et Elara pourraient bien faire les deux. 

Mon avis

Retour à mes auteurs chouchou, qui nous offrent ici un nouveau spin-off à la saga Kate Daniels, si chère à mon cœur. En s'il y a bien roman à la genèse originale, c'est celui-ci. Ce qui n'était à l'origine qu'un poisson d'avril a suscité l'engouement des lecteurs, ce à quoi les Andrews ne s'attendaient pas.

Après tout, qui donc aurait pu s’enthousiasmer pour Hugh d’Ambray, connard impénitent, âme damnée de Roland, légèrement sociopathe sur les bords et un brin obsédé par Kate avec cela (à qui il fait bien des misères dans la saga d’origine) ? Apparemment... beaucoup de monde ! Pris à leur propre piège, les Andrews se sont retrouvés à écrire cette histoire.

Le pari était de taille, il faut le reconnaître. J’ai entamé ce roman avec comme question en tête : mais comment les auteurs allait-ils faire pour nous nous rendre Hugh sympathique ? Comment lui offrir sa rédemption ? 

Je n’ai toujours pas de réponses à ces questions, en revanche je peux vous dire qu’ils y ont excellé et m’ont bien bluffée au passage. Pas de revirement pour autant, rassurez-vous. Hugh ne se met pas subitement à déclamer de la poésie et battre la campagne pour sauver la veuve et l’orphelin... quoi que ;)  Non, Hugh reste un fieffé salopard et c’est ça qui y est bon ! Âmes sensibles s’abstenir, ce héros d’un autre genre est loin de faire dans la dentelle. Cela déchiquette, jure à tout va et c’est tout à fait délicieux. 


He gave her a long look. “Let me get this straight. You want me to take my soldiers and ride out there to defend people who threw rocks at us because three creepy assholes foamed at the mouth, swooned, and had a vision?”
Ugh. Ugh! “They are not assholes. They are very nice people. They can’t help it.”
“I’m sure they are lovely when they are not announcing imminent doom.”
“How is it that (XXX) made more holes in you than in swiss cheese, but your assholeness survived?”
“(XXX) doesn’t have a knife big enough to kill my assholeness.”


Les auteurs ont cependant su lui conférer de l’épaisseur, des facettes qu’il ne semblait pas à l’origine posséder. Ils se payent même le luxe d’offrir une lecture nuancée de certaines actions passées. On en viendrait presque à plaindre ce pauvre Hugh (je dis presque, hein, il ne faut pas charrier non plus), livré à lui-même et à l’alcool, abandonné par Roland et ravagé par ce vide qui peu à peu le ronge. Un soldat sans chef, à la tête d’une troupe de guerriers sans direction, et qui doit faire face à quelque chose qu’il ne connaissait pas encore : prendre des décisions et les assumer ! 

Voilà notre bras armé plongé dans les affres de l’introspection, et autant dire que le revirement est dur. Cette reconstruction se déroule avec beaucoup de naturel, j’ai trouvé. C’est un travail de tâtonnement, dans la gestion des pensées qui l’assaillent comme des émotions qu’il n’avait pas vues venir. 


This new life, it was just his. Hugh didn’t owe it to anyone. He was building it himself, brick by brick, one shovel of cement at a time, the same way he had built that damn moat. He was building his own castle, and for better or worse, the harpy wormed her way into his world and became its tower.


Elara est d’ailleurs juste ce qu’il fallait pour le secouer un peu. La Harpie, comme il l’appelle, n’est pas de celles à se laisser marcher sur les pieds. C’est elle la maîtresse du château et elle le fait savoir. Elle tient tête à Hugh, le pousse dans ses retranchements, pour des échanges absolument délicieux. Et si l’attirance et les sentiments s’en mêlent peu à peu, ce n’est pas pour autant que les deux en perdent leur piquant. 

Les personnages secondaires, également, ne se contentent pas de faire de la figuration. On en connaissait certains, ce qui donne ici lieu à quelques cameos que l’on déguste, mais une tripotée de petits nouveaux biens sympathiques apparaissent également. J’ai notamment beaucoup apprécié les compagnons d’armes de Hugh, qui permettent de voir le héros sous un jour différent et apportent une sacrée dose de bonne humeur au roman. 


“Too bad it took you so long,” Hugh said. “You missed a stirring performance, complete with emotional appeals to my better nature. Apparently, my wife wants me to save Aberdine for the babies.”
She pictured him exploding into bloody mist. No. Too quick.
Stoyan looked at his feet. Lamar stared at the ceiling. Bale studied his nails. Felix turned back and checked the hallway behind them. Nobody was looking at her.
“Explaining doesn’t quite do it justice.” Hugh invited her with a sweep of his hand. “Honey, would you mind doing an encore for the guys?”
She spun on her feet and walked out.


Tout ce petit monde nous entraîne dans une intrigue menée tambour battant. Et si j’ai dans les premiers chapitres trouvé qu’il ne se passait pas grand-chose, laissez-moi vous dire qu’une fois une certaine cérémonie passée, cela dépote. 

Entre les manipulations des uns, les mystères des autres et la menace d’un troisième, il y a de quoi faire ici. Pas mal de questions en suspens poussent à tourner les pages à un rythme effréné, alors qu’en fond les péripéties s’enchaînent. Les combats, une fois de plus, se révèlent très visuels et tout à fait entraînants. Il est ainsi facile de se faire happer par l’intrigue, qui, entre action et humour, aura su me combler. 


Red fire splashed on the wall to the left of them and an Iron Dog vanished in the glow, screaming. All around them the air was screaming.
Elara wedged herself against the wall, trying to make herself smaller.
Hugh grinned at her. “Fun!”
The man was a maniac. She had married a raving lunatic.


Petite cerise sur le gâteau, l’histoire s’insère dans le contexte plus large de la saga Kate Daniels, rebondissant sur certains évènements du passé qui nous avaient semblé insignifiants, et laissant présager quelques chambardements pour la suite. Eh oui, le monde ne se limite pas à Atlanta et aux déboires de Kate et Curran, il y a d’autres coins du pays qui connaissent aussi des défis qui pourraient changer la donne. Pourtant, les Andrews ont su insuffler une atmosphère un peu particulière à ce roman, un côté plus médiéval et plus sauvage qui, s’il s’insère à merveille dans ce monde que nous connaissons bien, permet de renouveler la donne. J’y reviendrai avec plaisir. 


En bref...

Ils l'ont promis, ils l'ont fait. Les Andrews ont réussi à nous rendre Hugh d'Ambray presque sympathique. Pas de revirement soudain, non, Hugh reste un fieffé salopard, et c'est ça qui est bon! 
Les auteurs ont cependant su lui conférer de l’épaisseur, des facettes qu’il ne semblait pas à l’origine posséder. Plongé dans les affres de l'introspection, Hugh se reconstruit ici, avec beaucoup de naturel. Dans cette grande oeuvre, Elara Harper est d'ailleurs juste ce qu'il lui faut. Elle lui tient tête, le pousse dans ses retranchements, pour des échanges absolument délicieux. 

Ils nous entraînent par ailleurs dans une intrigue menée tambour battant. Entre les manipulations des uns, les mystères des autres et la menace d’un troisième, il y a de quoi faire. On tourne les pages à un rythme effréné, alors qu’en fond les péripéties s’enchaînent. Que demander de plus ? Ah si, une impression de nouveauté. C'est chose faite. Si l'histoire s'insère dans le contexte plus large de la saga Kate Daniels, les auteurs ont su insuffler une atmosphère un peu particulière à ce roman, un côté plus médiéval et plus sauvage qui, s’il s’insère à merveille dans ce monde que nous connaissons bien, permet de renouveler la donne.


J'ai adoré


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2 commentaires

  1. Je l'ai acheté en version numérique : J'AI HÂTE DE LE LIRE !!!

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  2. Faut d'Heclea retrouve sa Kindle qu'on puisse se le lire en LC ! J'ai bien hâte de découvrir tout ça.

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